Je l'ai aimé.Je ne savais pas qu'on pouvait aimer à ce point... Enfin, moi en tout cas, je croyais que je n'étais pas... "programmé" pour aimer de cette façon. Les déclarations, les insomnies, les ravages de la passion, c'était bon pour les autres tout ça. L'amour, l'amour! Je mettais ça entre hypnose et superstition, moi... C'était presque un gros mot dans ma bouche. Et puis, ça m'est tombé dessus au moment où je m'y attendais le moins. Je... J'ai aimé.Je suis tombé amoureuse comme on attrape une maladie. Sans le vouloir, sans y croire, contre mon gré et sans pouvoir m'en défendre, et puis... Ça fait mal. Mal à l'âme, mal partout, mal nulle part, mal où je pense, mal où je ne pense pas, mal à ton sourire, à toi en moi arrachée, mal à ma joie, à l'espérance, au devenir. C'est une détresse insupportable, quelque chose comme l'enfer. C'est une douleur de l'existence. C'est une douleur fantôme, elle n'a pas de siège, elle est au centre de toutes les choses. Ce n'est plus un endroit du corps qui fait mal, mais ce qui l'anime. Ce n'est pas une souffrance en soi, on fait partie d'elle.C'est l'âme de la douleur. Mon crâne sert d'entonnoir pour canaliser dans mon c½ur et diffuser à mon être toute l'angoisse et le désespoir du monde. Je n'ai plus goût à rien, je ne peux effectuer la moindre tâche sans mobiliser un effort de volonté quasi insurmontable. Ce n'est pas l'énergie qui me manque, mais la motivation. Plus rien n'a d'importance, même l'inaction véhicule en elle-même quelque chose d'insupportable. Mon unité est brisée. Du côté distal de la fracture est l'enfer de l'incertitude, du silence, des espérances lisses, sans rien à se raccrocher que les conseils inutiles, le soutien des proches, les incantations, la superstition et l'espoir.
Je suis de ceux qui aiment cette souffrance qu'est l'attachement aux autres.
Tant pis si on me blesse. J'ai appris à choisir ma vie. Et si mon coeur est constamment enfermé dans un magnifique étau, depuis déjà quelques temps, j'ai choisi de me taire. J'ai choisi de détourner le regard, et de me délecter de ma douleur.De toutes manières, mon amour est impossible. Alors je vivrais de ma solitude, et de ce regard que je peux plonger dans ses yeux... oui chéri jtm goore ndoye